août 12
pêche à Madagascar

pêche à Madagascar

Si vous suivez l’actualité, même de loin, vous en avez, sans doute, entendu parler, puisque les « grandes » chaines de TV ont diffusé il y a quelques mois des images d’émeutes. Joe, Un ancien didjay a pris la place du président malgache. On est tellement habitué au « bordel » en Afrique, que le flot d’images passe. Il n’y a pas eu beaucoup de morts, on ne sait pas trop où est ce pays, donc les images s’effacent. Au fait, vous souvenez vous qu’en 2002, il y avait déjà eu des problémes avec les élections ?

Et quelques filets dans les journaux d’aujourd’hui, disent qu’un accord a été signé entre l’ancien président en exil et le fameux diji du coup d’état, pour la mise en place d’un gouvernement de transition.

Pourquoi je vous parle de Madagascar ?
Je ne suis pas malagache, pas politologue ni analyste de l’Afrique d’ailleurs, mais un voyageur aimant cette île rouge (c’est pas politique, c’est la couleur de le terre des hauts plateaux).
Et, nous travaillons aussi, avec des artisans malgaches, donc dans un blog consacré, aussi, à la décoration ethnique, il me semble intéressant de vous faire partager mon expérience.

Rapidement : Madagascar est une île détachée du continent africain. Sans rentrer dans l’Histoire, c’est une ancienne colonie française, qui est aujourd’hui classée parmi les 10 pays les plus pauvres du monde. L’ île est très enclavée, et hormis la nationale 7 (vestige de l’époque coloniale) qui va de la capitale, Tana, à la ville de Tuléar, dans le sud, chaque trajet est pour un non malgache, une véritable épreuve.
Pour vous donner un exemple, un trajet de 300 km m’a pris 17h.
Arrivé à la gare routière à 8h00 du matin, je monte à l’arrière du taxi collectif qui ne partira qu’une fois le plein de passagers fait, soit vers 19h. Voyageur averti, je suis pourtant au bord de la crise de nerf. J’arrive enfin, 2 crevaisons et 300.000 mètres plus tard, vers 3 heures du matin, complétement épuisé. Et encore, c’était l’hiver et pendant la saison sèche ! J’ai juste oublié de vous dire, le taxi n’avait fait qu’un tiers du chemin, et sauf accident, les autres passagers en avaient encore pour au moins 10 heures.
Clichés ? Caricature ? Carte postale pour touristes ? Même pas ! C’est le quotidien des malgaches qui se déplacent.
Quand les artisans, avec qui nous travaillons, doivent acheminer statues et autre chaise africaine, jusqu’à la capitale, c’est en empilant nos cartons d’artisanat sur les toits des minibus ; entre les effets personnels des passagers et les volailles en partance pour les chaudrons de la prochaine fête familiale.
Et personne ne se plaint, personne n’apprécie non plus, mais c’est ainsi et on se résigne.

Au fait, est-ce que je vous ai raconté l’histoire d’un de nos arrivages de Mada ?
Non ? Je résume. Notre bel artisanat est partis en temps et en heure de notre chère île africaine. Un mois plus tard, le bateau accoste à Marseille… puis repart pour la Grèce.
Hic ! Yzont oublié de déchargé notre container …
Résultat 1 mois pour aller de Tanna à Marseille et 1 mois pour aller de Marseille à Reims. Dire que je pensais que le temps était différent en Afrique ;-)

Je m’égare, revenons à mon sujet. La majorité des malgaches vie, («survie» selon nos critères français) dans une grande précarité, et au premier abord, c’est un paradoxe. L’île a en effet de nombreuses ressources propres (saphir, vanille, riz, bois…) mais qui ne profitent pas aux malgaches eux-même, sauf à quelqueZuns et à de nombreux pays du G8.
D’ailleurs, en 2000, un de ces fameux du G8, coté asiatique, avait des provisions pour 20 ans en stock de bois d’ébène malgache. Alors qu’il n’ y en presque plus aujourd’hui sur Mada… Le tout acheté à un prix dérisoire.

Alors que le combat des chefs qui paralysait l’île soit en phase de réglement : OUI c’est une bonne chose.

OUI nous continuons d’aimer Madagascar pour ses habitants, sa nature et ses paysages
et Oui nous vous conseillons d’aller y faire un tour, dés que les choses se seront calmées.

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